Photo  Jacques Laporte

JL Photographie

Photo  Jacques Laporte

Les orchidées constituent une famille végétale très jeune dans l'histoire du vivant (30 millions d'années). Du fait de cette origine récente, elles ont dû faire preuve de stratégies adaptatives originales pour s'adapter à un environnement végétal et animal déjà très diversifié. Afin d'assurer la propagation du pollen d'une fleur à l'autre, certaines orchidées ont ainsi développé tout un arsenal de leurres visuels et chimiques pour attirer les mâles de certaines espèces d'insectes. Un des pétales, appelé le labelle, peut prendre la forme, la texture, la couleur et même l'odeur de la femelle d'une espèce d'insectes bien déterminée. L'insecte mâle, attiré par ces leurres, essaie de s'accoupler sur le labelle. Dans son excitation, il capte alors le pollen. Il ne lui restera plus qu'à se rendre sur une autre fleur d'une plante de la même espèce pour la polliniser. Mais, la germination de la graine n'est pas pour autant assurée. En effet, les graines d'orchidées sont dépourvues des réserves nutritives nécessaires à leur bon développement. Pour avoir des chances de germer, elles devront rencontrer les filaments d'un champignon et établir une symbiose avec ce dernier. Le champignon envahit l'embryon. En échange, il lui apporte l'eau et les sels minéraux nécessaires à sa croissance. La plante mettra ensuite, selon l'espèce et le milieu, de deux à quinze ans pour donner sa première fleur.

46 ESPECES DANS LE DEPARTEMENT

Malgré les aléas de leur germination, les orchidées représentent, aujourd'hui, l'une des plus vastes familles de plantes à fleurs, avec plus de 35.000 espèces. Sur plus de 140 espèces et sous-espèces présentes en France, notre département abrite 46 espèces, dont certaines se déclinent en plusieurs sous-espèces et variétés. Cette intéressante diversité s'explique par plusieurs facteurs: la douceur de notre climat (la plus forte densité d'espèces d'orchidées se situant dans le sud de la France, en particulier le long du littoral méditerranéen), une surface importante de sols calcaires (Quercy blanc, Causse de Rouergue) et la variété des paysages (causses, forêts, prairies diverses). C'est dans la moitié supérieure de notre département que notre flore orchidéenne est la plus riche, grâce à la présence de grandes étendues calcaires faiblement artificialisées par les activités humaines. Les environs de Castanet, Parisot, Caylus, Saint-Antonin, Septfonds, Caussade, Montpezat, Lauzerte et Montaigu-de-Quercy sont ainsi relativement bien pourvus en orchidées, dont certaines assez rares et menacées. Pour ne pas mettre en danger la pérennité de ces espèces, leur ramassage ou leur déterrage est donc absolument à proscrire. Lors de vos prochaines balades, prenez simplement un peu de temps pour les admirer. Cela suffira amplement pour que vous succombiez aux charmes de nos orchidées.

Bernard Lemoine, auteur de la cartographie

                                des orchidées de Tarn-et-Garonne